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Originala Dokumento


'Resumo'


Titolo: La lingvaj programoj de Unesko
Temo: Lingvoj en transnacia edukado
Tipo: Prezento
Verkinto(j): Joseph Poth
Resumo: La eduka sektoro de Unesko nuntempe havas sep lingvoprojektojn. La reto Lingua-Uni, bazita en Rusio, kunligas universitatojn specialigitajn pri lingvo-instruado, scienco kaj sociaj sciencoj, cele al la disvastigo de konflikt-preventaj studprogramoj. El la sepdek projektoj de la programo Unesko–Ĉernobilo, la unua temas pri instruado de fremdaj lingvoj. Responde al peto de la tri ŝtatoj trafitaj de la katastrofo, Unesko starigis kursojn por helpi tieajn specialistojn aliri la plej aktualajn alilingvajn informojn kaj apliki novajn kuracrimedojn. La programo Prioritato Afriko entenas projekton pri referenclibro por lingvo-planado en la afrikaj landoj, kie malgraŭ klopodoj pliaktivigi instruadon de la lokaj lingvoj, ĝi plu malkreskas, profite al la grandaj lingvoj. Unesko ja subtenas la instruadon de tiuj grandaj lingvoj – kiuj fakte estas por tiaj landoj la vojo al moderniĝo kaj internacia kunlaboro – sed ĝi metas samskalajn fortojn al la antaŭenigo de minoritataj lingvoj. Tri aliaj projektoj ankoraŭ ekzamenatas: tutmonda lingva atlaso kun praktikaj lingvoplanaj konsiloj; datumbazo pri lingvo-didadikto; kaj universala ĉarto pri lingvaj rajtoj, prezentota al la Asembleo de UN. Fine, la projekto Linguapax baziĝas sur la ideo, ke la instruado de lingvoj kaj literaturoj stimulas interkompreniĝon kaj kunlaboremon inter nacioj. Konkrete, ellaboratas lingvokursoj kiuj entenas pli kompletan bildon de la ligitaj kulturoj, forprenatas el instrumaterialo ĉiuj antaŭjuĝoj, difinatas diversaj formoj de instruado de lingvoj kaj literaturoj laŭ la malsamaj publikoj celataj, kaj subtenatas interkulturaj interŝanĝoj de instruistoj kaj lernantoj.
Fonto: "Al lingva demokratio - Aktoj de la Nitobe-Simpozio de Internaciaj Organizaĵoj Prago, 20-23 julio 1996", UEA 1998


'Artikolo' (5 A4-Seiten)


Les programmes linguistiques de l’Unesco

Joseph Poth Unesco


Pourquoi est-ce que l’Unesco, qui est forte aujourd’hui de 187 États Membres, a-t-elle jugé

nécessaire de développer un programme linguistique au secteur de l’éducation? Chacun sait que
l’Unesco est l’organisation des Nations Unies spécialisée dans le domaine de l’éducation, de la
science et de la culture. Chacun sait aussi que l’enseignement des langues est fondamental pour
tout projet éducatif, scientifique ou culturel. En effet, on ne peut pas concevoir un projet éducatif
qui ne fasse pas appel à la langue, qu’elle soit orale ou qu’elle soit écrite, ou à d’autres langues
ou à plusieurs langues. On ne peut pas concevoir un projet d’ordre scientifique qui ne fasse pas
appel aux langues, ne fût-ce qu’aux langues de spécialités, dans les domaines très divers de la
science. On ne peut pas concevoir non plus un projet culturel car chacun sait que la langue est un
des éléments fondamentaux de la culture des nations, des peuples et des communautés. Il est
donc tout à fait normal et nécessaire que l’Unesco s’intéresse à la question linguistique.

Il n’y a pas à proprement parler de politique linguistique qui soit propre à l’Unesco elle-même.

Il ne faut pas croire que c’est l’Unesco elle-même, en tant qu’organisation, qui définit sa
politique linguistique. La politique linguistique de l’Unesco est celle que définissent tous les
États Membres qui la composent et qui se réunissent par le biais de leurs délégations tous les
deux ans, au cours de la Conférence générale et qui donnent à l’Unesco les recommandations
nécessaires à l’exécution des programmes. Ce qu’on appelle la politique linguistique de
l’Unesco, c’est la politique voulue par les États Membres. L’Unesco a pour mandat de l’exécuter.
À titre d’information, la dernière Conférence générale s’est tenue en octobre 1995. À la fin de
1997, se réunira à nouveau la Conférence générale pour déterminer les grandes lignes d’action
pour 1998-1999.

Quel est le mandat que la conférence générale a donné à l’Unesco en matière de langues? Ce

mandat tient en deux orientations principales que l’Unesco doit concrétiser dans ses États
Membres, tout au moins dans ceux qui le souhaitent. Ces deux orientations sont les suivantes:

• premièrement respecter, faire respecter et développer la diversité linguistique. Ceci

implique donc non seulement l’enseignement des langues étrangères, mais aussi la sauvegarde ou
le développement des langues minoritaires ou minorisées;

• deuxième axe de travail, promouvoir l’éducation plurilingue, c’est-à-dire faire en sorte que

dans les systèmes éducatifs formels des États Membres, il y ait un nombre aussi important que
possible de langues qui soient enseignées, en dehors des langues maternelles ou des langues
nationales.

Voilà donc notre mandat. Je pense que chacun ici reconnaîtra un des objectifs de l’Association

d’espéranto à laquelle vous appartenez qui tente également de promouvoir le respect de cette
diversité linguistique et la possibilité de l’éducation plurilingue. Il y a donc similitude d’objectifs
à ce niveau-là.

Nous considérons que pendant trop de siècles on a enseigné les langues pour se combattre. Le

voisin étudiait la langue du voisin pour mieux connaître le point faible du voisin. Je crois que
cette considération est toujours vraie aujourd’hui, mais il n’est pas nécessaire d’étudier les
langues pour se combattre: au contraire, on peut en faire un outil pour mieux se connaître. Et
c’est là tout le sens de la coopération internationale pour laquelle milite l’Unesco.

Qu’est-ce que nous faisons aujourd’hui dans le programme linguistique, qu’est-ce que nous

ferons demain, à condition, bien entendu, que la prochaine Conférence générale continue à
souhaiter la poursuite de ces opérations ou nous en offre d’autres? En quoi sommes-nous
notamment de tous les États Membres qui le souhaitent, de faire en sorte que cette charte puisse
être présentée aux Nations Unies afin que les États puissent la signer.
Le projet LINGUA-UNI

Comme il est particulièrement implanté en ex-Union soviétique, son siège est à l’université

des Langues de Moscou. Ce projet est très fortement décentralisé: la décision se prend à Moscou
et à Paris. Il vise à mettre en place un réseau européen de coopération universitaire dans le
domaine de l’enseignement des langues étrangères ainsi que dans celui des sciences et des études
sociales. Le réseau LINGUA-UNI est actuellement fort d’environ 80 universités spécialisées
dans le domaine de l’enseignement des langues. Le plus important de ses objectifs spécifiques est
de promouvoir des programmes et des cours de langues étrangères qui ont pour but la tolérance,
la non-violence et la capacité de réponse aux situations pré-conflictuelles ou post-conflictuelles.
Enseignement des langues étrangères
dans le cadre du programme Unesco-Tchernobyl

On estime qu’environ 140 millions de personnes – que ce soit en Ukraine, au Bélarus ou en

Russie – ont été touchées par cette catastrophe, soit dans leur santé physique, soit sous forme de
problèmes psychologiques ou de santé morale. Les trois pays ont demandé à l’Unesco de monter
avec eux un projet, de rechercher des fonds extra-budgétaires – qui ont été trouvés – et de monter
avec eux une opération pour tenter de réduire les effets destructeurs de cette catastrophe, et pour
tenter aussi d’en tirer des leçons si par malheur cette catastrophe ne devait pas être la seule.
Soixante-dix projets ont donc été identifiés, le premier étant le projet d’enseignement des langues
étrangères. Pourquoi? Les spécialistes de ces immenses pays qui sortaient à peine de la Guerre
froide n’avaient pas encore, au moment où il leur a fallu agir pour répondre aux besoins de cette
catastrophe, une connaissance suffisante des grandes langues internationales de communication
dans lesquelles se font des recherches spécialisées sur la radioactivité, sur les effets médicaux de
tel ou tel type d’irradiation, sur les méfaits psychologiques que peut engendrer un tel
bouleversement, dans les habitudes familiales, les habitudes de village, etc. Ce sont donc ces
pays qui ont demandé à l’Unesco de bien vouloir étudier ce projet d’enseignement des langues,
de sorte que le plus rapidement possible, leurs spécialistes puissent se familiariser avec la
nomenclature spécialisée qu’impliquent les traitements nouveaux dans le domaine des méfaits
atomiques. Je sais, par exemple, que le Japon a offert au programme Unesco-Tchernobyl un
merveilleux hôpital avec des appareils de pointe pour le traitement de certains cancers dus aux
radiations. Les spécialistes ukrainiens, bélarusses et russes devaient naturellement étudier les
modes d’emploi; et, bien entendu, la langue japonaise et la langue anglaise faisaient partie des
langues de spécialité dans lesquelles il fallait les former. Actuellement, sept stages de spécialité
ont été réalisés pour les spécialistes de ces différents pays. Ces stages concernent l’ensemble des
aspects auxquels les praticiens doivent faire face.
Aménagement linguistique pour les pays plurilingues d’Afrique

Il faut savoir qu’il y a dix ans encore 37 pays africains sur 45 avaient introduit une ou

plusieurs de leurs langues nationales dans les systèmes éducatifs formels – généralement au
primaire – et dans le système de formation des maîtres. Aujourd’hui, alors que nous avons un
plan qui s’appelle Langues africaines – Horizon 2000, plan selon lequel tous les pays devraient
avoir introduit au moins une langue endogène dans leur système éducatif, il n’y a plus que 30
pays qui continuent à utiliser leurs langues maternelles ou leurs langues nationales, ce qui
signifie qu’il y a une défection par rapport à l’enseignement des langues des communautés
nationales au profit exclusif des grandes langues internationales de communication. L’Unesco a
donc ce projet qui, bien entendu, défend, promeut et développe l’enseignement des grandes
Séminaire LINGUAPAX de Dubrovnik (Croatie), du 20 au 26 juin 1994

Après les réunions de Kiev (Ukraine), Sitges (Espagne), Saarbrŭcken (Allemagne) et

Barcelone (Espagne), respectivement en 1987, 1988, 1990 et février 1994, le séminaire de
Dubrovnik prolongeant, exploitant et transférant les enseignements et les acquis de
LINGUAPAX IV (Barcelone), a proposé de nouvelles orientations et des axes de réflexion plus
conformes aux besoins et aux attentes du monde d’aujourd’hui. Outre les questions concernant la
gestion et l’organisation interne du projet, les participants à la réunion de Barcelone et à celle de
Dubrovnik ont approfondi les orientations actuelles et futures de LINGUAPAX.
Sur le plan éthique et philosophique

• ancrage de LINGUAPAX dans la culture de Paix, dans l’effort de l’Unesco pour

promouvoir l’esprit de tolérance, défendre la cause des droits de l’homme, développer
l’éducation pour la démocratie;

• intervention privilégiée dans les contextes pré-conflictuels et post-conflictuels;
• prise en compte de la défense des langues minoritaires ou minorisées en relation avec la

promotion des langues étrangères.
Sur le plan de la méthodologie et de l’application

• utilisation des acquis de la psycho-linguistique pour éviter qu’un enseignement de

mauvaise qualité ne débouche sur des phénomènes de rejet envers la langue étrangère elle-même,
puis envers la culture qu’elle représente, ce qui serait contraire à l’esprit de LINGUAPAX;

• prise en compte des données de la didactique des langues, qui postule deux méthodologies

spécifiques selon qu’il s’agit de l’apprentissage d’une langue étrangère ou du perfectionnement
d’une langue maternelle;

• recherche de convergences et d’une coordination aux niveaux didactique et pédagogique

dans l’enseignement d’une langue maternelle et d’une langue étrangère.

Le dernier colloque LINGUAPAX s’est tenu à Melbourne en juillet 1995, et la prochaine

réunion aura lieu en principe en 1996, en Afrique, à Ouagadougou (Burkina-Faso).

Dans son ouvrage intitulé Zum Ewigen Frieden (De la paix éternelle), Emmanuel Kant

déclarait que les peuples et nations doivent leur séparation à la diversité des religions et à la
diversité des langues. Si ces diversités occasionnent haines et guerres, poursuit le philosophe,
elles peuvent aussi mener à la paix. La priorité du projet LINGUAPAX est d’apporter une
contribution d’ordre linguistique spécifique à l’élimination des conflits et de rechercher les voies
et moyens concrets et réalistes grâce auxquels l’enseignement des langues peut participer
réellement à la promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme.


Projet LINGUAPAX
Section d’éducation humaniste, culturelle
et internationale (ED/ECS/HCI)
Secteur de l’éducation
Unesco
7, place de Fontenoy
75007 Paris (France)
Téléc.: (33) 1 40.65.94.05


Comité LINGUAPAX
Comité international de coordination
LINGUAPAX
Centre Unesco de Catalogne
Mallorca 285
09037 Barcelone (Espagne)
Téléc.: 93.457.58.51



 
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